Son of a Bitch.






D'une seconde à l'autre, je change d'avis. J'ai envie et puis non, finalement, je n'ai plus envie. Je n'en fais qu'à ma tête parce que c'est ce que j'ai toujours fait. Faire plaisir aux autres au détriment de mon plaisir à moi, ce n'est même pas concevable. D'accord?

Je ne fais rien et en même temps, je suis toujours occupée. Je ne peux pas expliquer ce paradoxe. Je réponds à tous les appels mais je sais que ça ne dura pas. Je commence déjà à montrer des signes de faiblesse.
Oui mais non.
Pas quand il s'agit de toi. Je me sens faible, je suis prête à supplier, j'ai du mal à respirer, j'ai peur. Non. Deux coupes de cet excellent Champagne et tu n'existes plus. Ton image ne peut rien contre l'ivresse. Ce n'est pas toi qui me fascine, c'est juste le pouvoir que tu as sur moi quand je ne suis pas concentrée. J'espère que tu as bien profité car maintenant, c'est moi qui commande, et tu vas regretter toute ta vie d'avoir pensé une seule seconde que tu dominais.

Je fais semblant de n'avoir jamais le temps, ou alors je ne l'ai vraiment pas. Mais mes WE ne ressemblent plus à rien. Je sauve l'honneur en m'abreuvant de culture et j'essaie de faire ce que l'on me demande avec le plus de sérieux possible. Je vais fumer une clope quand je sens que je bouillonne, j'ignore pour attirer, je cache l'ennuie par des rires excessifs et je mens le plus possible.
Je dégage tout ce qui peut me rappeler ton absence, j'évite tout contact avec ce qui pourrait me laisser penser que je vais atténuer la douleur. Il n'y aucun danger, je le sais plus que tout, mieux que quiconque. Mais je n'ai pas envie de perdre mon temps à entretenir une relation dans laquelle je vais, inconsciemment, rechercher tout ce que j'aime chez toi, alors que personne ne me donnera jamais le même amour, la même affection, le même bonheur. Toutes les autres filles me semblent inintéressantes et fades. Il n'y aucun substitut.
Mais toi. C'est une autre histoire. Ma plus belle histoire d'amour.

Finalement, ne rien faire est ce qu'il y a de plus fatiguant. J'attends les vacances tout en les redoutant. J'ai besoin de ce mouvement incessant, j'ai besoin de ne pas voir le temps s'écouler, j'ai besoin d'être à genoux à la fin de semaine. Juste me donner l'illusion que je fais comme il faut, que je ne perds rien, que c'est une fatigue intense mais utile.
Mais j'ai perdu l'envie. La vie est un train lancé dans la nuit. Il faudrait que je descende du train, quelques secondes, que je m'arrête sur le quai. Que je prenne le temps de vous voir. Lentement le quai s'éloigne et je sais que si le temps continue à passer aussi vite, je vais vous perdre pour toujours. pas tellement que je sois une grande sentimentale, mais je n'oublie pas. Je ne peux pas oublier. Il faut que je descende. Je le sais, et pourtant, je n'y arrive pas. Je suis partie à toute vitesse et je ne trouve pas la force de stopper cette course effrénée vers le néant. Une année de ma vie qu'on m'ampute mais que tout le monde refuse de reconnaître. Je comprends mieux pourquoi je m'endors avec cette sensation de fatigue intense qui n'a aucune raison d'être.

Il y a simplement des jours où je me dis que ce que nous faisons ne sert à rien.
Que ce que l'on appelle la Prépa Ciné, c'est une juste une année sabbatique où l'on regarde des films, où l'on touche à la caméra pour se sentir un peu exister, où l'on donne son avis sur tout et rien, où l'on fait un peu de photo pour devenir des artistes complets, où l'on nous autorise à nous asseoir sur les tables et aller sur facebook pendant les cours.
On ne fait peur à personne, vous savez.

Mais je trouve une certaine satisfaction à tout cela au fond. Même si je pense que je vais vite devenir dingue, cette sensation unique d'avoir cette vie que l'on a toujours rêvé d'avoir avant le Bac, c'est incroyable. Je pensais que ça n'existait que dans les séries américaines, mais non.
J'évite la grande Pampa pour les 50 ans du Lycée, je photographie cette immense portrait de R. Doisneau accroché sur la façade du Bat B, j'emprunte des livres au CDi et parfois, je vole des repas à la cantine.
Merci la vie.


Paul a 20 ans. Les vibrations étaient intenses et j'ai écrasé les tomates de Canout pour la énième fois. Choupi m'a demandé un câlin et je le lui ai donné. Yeuton m'a parlé de vélo, et je sentais que Paul voulait me lancer sur la fameuse conversation à propos de la lésion du type 3e testicule mais je n'ai pas osé, même ivre.
CCY tu connais?
On aurait pu rajouter MD, étant donné que je vais bientôt m'installer chez vous.


Je vais voir le nouveau Woody Allen mais Honoré, fils de Pute, je t'oublie pas.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Joyeux anniversaire en retard Pauldu91 ! <:o)