Un Ange Passe.






Vous avez conscience qu'il n'y a plus rien à dire. L'obstination n'est pas vraiment votre point fort. Vous avez connu assez de batailles dans votre vie pour pourvoir dire aujourd'hui avec une assurance toute nouvelle que cela n'en vaut pas la peine. Très bien.
Les rues de Paris vous semblent interminables. Pourtant il y aura toujours quelque chose à dire, même quand au bout de la rue on ne sait plus où aller. Vous passez en revue tous les événements importants des 3 derniers mois et c'est avec amertume que vous parlez de cette dernière aventure affective, peut-être même amoureuse, avortée contre votre volonté. Le dire vous permettra sans doute de clore l'histoire une bonne fois pour toute ; qu'importes les souvenirs omniprésents qui vous entourent. Elle vous rassure de sa propre expérience, de sa propre douleur ; elle vous conseille de prendre du recul. Vous l'écoutez car vous savez qu'elle a raison.

Ce soir vous avez des envies de mousseux ; elle préfère prendre une petite bouteille de rosé. Le luxe est juste de pouvoir s'offrir ce que l'on veut, quand on veut, où l'on veut. Le prix est dérisoire comparé à la satisfaction de pouvoir matérialiser n'importe quel désir.
Midnite Paris, Alma Fever, Love Love Love & The End of The World.
L'espace est immense pour deux corps ivres. Vous aimez l'entendre parler fort, elle rit plus que de raison mais vous la regardez avec amour. Elle s'émerveille de tout et de rien, vous ne comprenez pas vraiment mais vous n'en avez pas envie non plus. L'air est doux dehors. La vie, le monde, tout va à une vitesse que vous ne seriez tenir.
Mais vous vous sentez capable de rester sur le côté tant qu'elle vous tient la main, n'est-ce pas?


Je te donne la parole si cela nous sauve. Il parait que Manchester se brûle mais je ne te laisserai pas nous faire mourir. Laisse-moi.



Vous vous sentez attiré par l'odeur du Sang, l'odeur de la Mort. L'agitation excite votre oeil et votre esprit. Vous tremblez de Plaisir et de peur en même temps. Cela ne va durer que quelques secondes mais vous êtes prête. Votre regard ne peut se détacher de ces millions d'éclats de verre sur le bitume. Vous vous surprenez à espérer voir ces éclats mélangés au sang, des cris et des pleurs, de l'hystérie sur tous les visages. Vous vous croyez capable de supporter la vue de la mort mais c'est faux ; vous frissonnez de soulagement quand vous voyez cette femme encore vivante tenant la main de son mari.
La Fascination du Pire ne s'acquiert pas sur un coup de tête ; vous l'avez bien compris.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Mon amour, cette natte. Tu me manques plus que jamais. (L)