*****

Il est 16h47, je mange une salade de fruits. Le soleil tape dans mes fausses wayfarer, j'ai de la goyave coincée entre les dents et je regarde Choupi fumer une American Red.
Je repense à la nuit sans aucun doute trop courte que j'ai pu avoir. Je suis propre et je me sens toujours aussi sale. J'ai mal aux yeux et un appétit inexistant. Cette demoiselle a une très belle robe mais elle n'a que ça pour elle.

Il est 18h09 quand je prend conscience que je regardais la Star Academy. Je débats avec Canout du message pré supposé d'Entre les murs. Mais bon elle n'a plus aucune capacité de débattre. Je tente d'établir des contacts, d'apporter des éléments fondateurs à la relation mère-fils mais on est loin du compte. Elle me regarde avec mépris fumer ma gold que je lui recrache en pleine figure. Il est donc 17h03.

Je goûte le supposé cake banane-noix de Canout qui est ignoble, mais je lui dis qu'il est quand même bon. Car je suis gentil.
Je revois les images nettes et précises, des mots brefs et inattendus. Les images se succèdent lentement par saccades et s'inscrivent dans le domaine de l'inintéressant.
J'écoute ce mix que je connais pas coeur. C'est censé être mon préféré mais même celui-ci m'insupporte.

Je subis la bande annonce du nouveau James Bond et je remarque que Daniel Craig est toujours aussi sexe. C'est devenu le gage qualité.
Je m'étonne de répondre à mes sms. Je me fiche de recevoir quoi que ce soit mais la constatation est simple : je ne reçois rien.
Canout a tout de même réussi faire une bonne action en achetant un Franzen, seulement lire Dolto n'est pas adapté là.

Mes Chuck Palahniuk traînent sur la table du salon, et il y a des miettes dessus. Je devrais être énervé mais je me contenterais de prendre un sandwich jambon-maasdam sans beurre (ce qui mérite d'être souligné).
J'imagine que le moment est bien choisi pour te détacher les cheveux.
Tes histoires de lessive sont d'un dramatisme exaspérant.

Je n'ai plus de nouvelles mais tout est de ma faute donc je sais sur qui taper.
Je les regarde, je le regarde. Il se croit intéressant et juge qu'il a toutes les qualités requises pour attirer l'attention mais il ne possède absolument rien. Il est faiblement intéressant et en rien séduisant mais ce qui compte c'est qu'il se croit puissant.

Nous sommes dans la voiture. Le soleil suinte sur ces grues. Celles-ci ne sont plus que des ombres presque désaffectées. Je suis à 107km/h d'après le compteur. L'essence a un niveau correct. Les nuages n'existent plus. Et j'ai peur du froid.
Je me blottis dans mes draps en lisant la ligne de basse qui reste imprimée dans ma tête comme cette bande de K7 audio qui pend à ce meuble déjà trop désaffecté.

C'est un peu le recentrage de tout. C'est bizarre mais des paroles sorties comme ça et finalement c'est tout qui revient. Qui réapparaît. Personne n'a raison mais c'est certainement pas moi qui ait tort. Il faut donner l'impression. Il faut donner l'impression. Il faut donner l'impression.

Dubshape - Droplets (early night mix)

Ôde à la Joie.


2042 L.A Dreams. Ou plutôt devrais-je dire 2046 Hong Kong Dreams. Ton odeur, celle de la lessive. Quand, n'importe quand. Les muscles qui se contractent. Le soleil m'éblouit, m'échauffe quelque peu. Education sentimentale. Mes ongles enfoncés dans ta chaire, j'exulte et tu crèves. Tes battement de cils me font vaciller. Je me laisse faire, je n'ai aucune volonté. Tu l'as bien compris.
Rosé, Vin Blanc, une cigarette, deux cigarettes, un paquet entier de JPS 100's, tu dors à la maison ce soir.
Mon lit n'est pas un trampoline, mon corps non plus.

C'est pas vraiment comme si je faisais semblant d'être éprise, même si c'est ce que je dis à chaque fois.

Une touche d'Insolence, la pupille dilatée, bonne nuit Archi.

Exaltation Sublime.


Je vais... Et je viens... Et je me retiens... Entre tes reins... Et je te rejoins...
Je t'aime moi non plus... Oh Mon Amour.

C'est pas comme s'il était totalement bandant, pas comme s'il était totalement transcendant, pas comme si j'en étais tombée amoureuse.

François Begaudeau était secrètement l'Idole le dimanche. Je buvais silencieusement le moindre de ses mots. Touchant et pas si loin du critique désinvolte du Cercle, il restera l'Idole.
Dans Entre les Murs, il m'a mise à la limite de l'hystérie, et m'a fait oublier le manque de justesse sur certaines séquences.

Et puis c'est pas comme si Cyril Neyrat était revenu dans ma vie sous la forme d'une critique sur L'Homme de Londres, pas comme s'il écrivait pour les Cahiers, pas comme s'il avait fait palpiter les culottes durant une semaine.

Salome, Flaubert, des Esseintes et les autres.










La MAN CAV c'est une soirée par semaine, trop de vannes, trop d'amour, pas assez de grivoiserie, pas assez de vannes drôles, des comportements perturbateurs, de l'ennui parfois, du temps à tuer surtout, Furet & Brioche, de l'alcool, de la drogue, des pieds sur la table, des pâtes dans la casserole, Sheitan, des douches de 30 minutes, une vaisselle jamais faite, Gros Lardon, des bougeoirs en papier allu, des prunes dans le 402, des tours à Evry 2, de la petite cantine, Grosse Morue, des dunnets et du punech, des Coluche, des potins, des Plan-Cul, des trousses Old School, des Culbuto, Banania...







Quelques brouillons se perdent dans le flot imperturbable de nos mots.
J'ignore, j'efface parfois, mais j'ignore surtout.
Ton absence est parfois insupportable, autant que ton omniprésence. Nous nous étions fixés des règles que nous ne respectons pas. Il est vrai que nous ne faisons même pas semblants. Et c'est en cela que je nous reconnais et nous admire, nous ne faisons jamais semblant de rien.
Le lit conjugal me manque, notre fils me manque, ton souffle dans mon oreille, quand tu me fais croire que tu bandes pour moi.

Imaginer l'appartement pour nous mais cette habitude que je garderai à jamais, regarder dans ton salon comme si quelqu'un s'y était caché. Qu'il soit 11h, 4h du mat ou 18h, inlassablement, je pose mon regard sur ce mobilier trop souvent souillé par la transpiration amoureuse de chacun.
Le balcon ne sera plus notre terrain de jeu, plus de pamplemousse, plus de fellation dans la nuit noire, juste quelques tomates que j'écrase par inadvertance, et ce BBQ un peu trop imposant et pas assez utile.
Je rêve de ces petites coquillettes dont toi seul a le secret, avec ce coulis de tomates et du parmesan. Pas de PBLV pour ce soir. Prends note.

Je bois ce Pepsi Max avec beaucoup d'amertume en lisant l'interview de Busy P pour Trax. Tu écoutes ton mix à fond les ballons comme si je n'existais pas et je rêve secrètement de t'enfermer sur le balcon. Comme cette cigarette que tu tapotes trop fort. Comme cette douche interminable. Comme cette bouteille que je bois en fermant les yeux, cet alcool qui se dilue dans tout mon corps, cette chaleur douce et merveilleuse qui me fait parler trop fort et rire pour rien.

Je mets "Your Plan For Happiness" et je te devine sourire. Tu me demandes d'enlever mon pantalon et je sais déjà pourquoi. Tu me trouves belle. J'aimerais que tu sois le seul, l'unique. Tu me demandes de détacher mes cheveux. Et je danse. Dans cette frénésie, cette hystérie silencieuse, c'est juste que cette chanson me rend dingue. Sentir l'oppression de la matière sur son âme. Capter l'essence. Cette fascination du déclin. Ce pessimisme mélancolique.
Cette nuit ne s'arrêtera jamais. Prends note.

Tu dis que je suis ivre et j'aimerais que tu ais tort. Je bois, je ferme les yeux.
La route est longue, la nuit est noire, demain est encore loin mais laisse-moi te dire que cela n'a aucune importance.
Nor-mal.